Bon pied, bon oeil. Enfin, on essaye
Par Lord Friteuse, samedi 24 février 2007 à 14:46 :: Causticité
Il y a de cela 48 heures m'est arrivé une des expériences les plus pénibles de mon existance, sensée mettre fin à 7 ans de claudiquement causés par un on ongle incarné.
Quittant mon fief d'Angoulême sur les coups de cinq heures du matin (j'avais eu la finesse d'esprit de manquer le précédent TGV la veille au soir), je me suis rendu au domicile de mes géniteurs pour y prendre une douche qui garantirait l'aseptie de mon épiderme. Premier détail amusant puisque le flacon de solution iodée resemblait étrangement à celui de concentré de jus de boeuf que j'utilise de façon quasiment quotidienne dans mon alimentation. Je trouvais l'idée de s'assaisonner presque cocasse. Presque.
Présent, comme il me fut demandé la veille, à 11 heures dans les murs de l'hopital, je ne vis pas la blouse d'un médecin avant midi.
Comme toujours dans de pareille situation il me fut demandé de me défaire de mon costume qui m'allait jusque là fort bien pour enfiler une blouse qui ne me laissait rien ignorer des courants d'air ainsi qu'un peignoir blanc. Je déteste. Ca a tendance à me grossir.
Je passerai sur l'effroyable carence de cette institution en infirmières capable de susciter la concupiscence. C'est lamentable.
Puis on me fit allonger sur une table dont je ne me risquerai pas à décrire l'inconfort, et on procéda à l'opération. Première étape : anesthésie. Je ne me souviens plus guère du nombre de banderilles qu'on plongea dans mon orteil déjà endolori, j'ai perdu le compte au delà de dix. Sur ce le boucher commença son travail.
Et là se produit une des choses les plus irréelles dont j'aie pu me rendre témoin : l'individu semblait peu au fait de la façon exacte de procéder, et dû faire mander quelqu'un de plus expérimenté. J'ai déjà vu ce genre de situation dans le cadre de l'informatique : quelqu'un vous demande quelquechose de banale qu'il vous semble toujours avoir su faire. Il vous a pour ce fair edérangé dans vos activités et par pur esprit de vengeance mesquine, vous allez lui démontrer votre maestria. Donc, grand gestes, martellement des raccourcis claviers, clics vengeurs, etc.
Le seul ennui c'est que là le matériel de travail n'était pas une machine, mais mon humble personne.
"messieurs, serait il importin de vous signaler que, comment dire... J'ai comme une douleur là ?" "bougez pas" (comme si)
re-banderille.
Très amusant aussi, le fait que tout cela se passe à l'autre bout de la table d'opération. Il m'eut suffit de lever la tête pour entrevoir le travail du médicastre qui s'y affairait. Étonnemment, je m'en absteins. Surtout quand le fond sonore était celui de raclement variés.
Ma seule distraction pendant ces douloureux moments fut de voir l'infirmière organiser ses vacances à partir de l'ordinateur de la salle d'opération. Je me retins de lui demander si je pouvais consulter mes courriers électroniques.
Je repartis de l'endroit avec un pansement de la taille d'un orange. J'en déduit que l'institution dispose de quelque réduction sur les bandes velpeau.
Me voilà donc immobilisé pour deux semaines.
Galère...